ÉCRITURE VAGABONDE *atelier d’écriture*

du … au …. 2018

Prof.

 

Cet atelier s’adresse à ceux et celles qui aiment écrire, mais… manquent d’idées, d’impulsions ou de temps pour s’y mettre.

 

Afin d’aiguiser notre regard sur le réel, nous écrirons de courts textes sur des propositions variées et ludiques, le plus souvent en plein air : récit, poème, dialogue, description, nouvelle, etc. Puis nous les lirons et les discuterons afin d’enrichir le style de chacun.

Cette semaine dédiée au travail de l’écriture sera aussi un lieu de compagnonnage artistique.

Le théâtre de la Distylerie accueillera une lecture de vos textes le jeudi soir.

ecritures-et-fresques-roman

 

et voici le recueil des nouvelles écrites par le groupe de l’été 2015

 

QUELQUES REFLETS DU STAGE DE 2014:

« Depuis 2009, Blaise Hofmann anime des ateliers d’écriture à l’Institut littéraire Suisse, à Bienne, pour des étudiants ou des enseignants en formation continue, au lycée dans des cours facultatifs hebdomadaires, ou selon diverses propositions spontanées.

Il est l’auteur de récits de voyage, Billet aller simple, Estive (Prix Nicolas Bouvier 2008), Notre Mer, Marquises (2014), et de romans, L’Assoiffée et Capucine (2015). Il a aussi signé le texte de plusieurs pièces de théâtre et spectacles musicaux.visitez son site : www.blaisehofmann.com

 

Quelques écrivains et non des moindres, se sont laissés inspirer par ces environs. Un de ces textes est d’Antoine de Saint-Exupéry. Extrait de Lettre à un otage chap. 3.

« C’était par une journée d’avant-guerre, sur les bords de la Saône, du côté de Tournus. Nous avions choisi, pour déjeuner, un restaurant dont le balcon de planches surplombait la rivière. Accoudés à une table toute simple, gravée au couteau par les clients, nous avions commandé deux Pernod. Ton médecin t’interdisait l’alcool, mais tu trichais dans les grandes occasions. C’en était une. Nous ne savions pourquoi, mais c’en était une. Ce qui nous réjouissait était plus impalpable que la qualité de la lumière. Tu avais donc décidé ce Pernod des grandes occasions. Et, comme deux mariniers, à quelques pas de nous, déchargeaient un chaland, nous avons invité les mariniers. Nous les avons hélés du haut du balcon. Et ils sont venus. Ils sont venus tout simplement. Nous avions trouvé si naturel d’inviter des copains, à cause peut-être de cette invisible fête en nous. Il était tellement évident qu’ils répondraient au signe. Nous avons donc trinqué !

Le soleil était bon. Son miel tiède baignait les peupliers de l’autre berge, et la plaine jusqu’à l’horizon. Nous étions de plus en plus gais, toujours sans connaître pourquoi. Le soleil rassurait de bien éclairer, le fleuve de couler, le repas d’être repas, les mariniers d’avoir répondu à l’appel, la servante de nous servir avec une sorte de gentillesse heureuse, comme si elle eût présidé une fête éternelle. Nous étions pleinement en paix, bien insérés à l’abri du désordre dans une civilisation définitive. Nous goûtions une sorte d’état parfait où, tous les souhaits étant exaucés, nous n’avions plus rien à nous confier. Nous nous sentions purs, droits, lumineux et indulgents. Nous n’eussions pas su dire quelle vérité nous apparaissait dans son évidence. Mais le sentiment qui nous dominait était bien celui de la certitude. D’une certitude presque orgueilleuse. »