Art et artisanat depuis 25 ans

Construite en 1886

de la distillerie... à la distylerie

En 1998, la Distylerie accueille les premiers stages à Fleurville. L'ancienne distillerie Ducoté de Fleurville est transformée par Danièle Mussard et Michel Froidevaux en espace d'art et de création.  En décembre 2023 la Distylerie est reprise par Silvia, Laurent et leur fille Lina, qui assurent un nouveau départ dans la continuité.  

Antoine de Saint-Exupery

"C’était par une journée d’avant-guerre, sur les bords de la Saône, du côté de Tournus. Nous avions choisi, pour déjeuner, un restaurant dont le balcon de planches surplombait la rivière. Accoudés à une table toute simple, gravée au couteau par les clients, nous avions commandé deux Pernod. Ton médecin t’interdisait l’alcool, mais tu trichais dans les grandes occasions. C’en était une. Nous ne savions pourquoi, mais c’en était une. Ce qui nous réjouissait était plus impalpable que la qualité de la lumière. Tu avais donc décidé ce Pernod des grandes occasions. Et, comme deux mariniers, à quelques pas de nous, déchargeaient un chaland, nous avons invité les mariniers. Nous les avons hélés du haut du balcon. Et ils sont venus. Ils sont venus tout simplement. Nous avions trouvé si naturel d’inviter des copains, à cause peut-être de cette invisible fête en nous. Il était tellement évident qu’ils répondraient au signe. Nous avons donc trinqué !"

Antoine de Saint-Exupéry, Lettre à un otage, 1943

Philip Gilbert HAMMERTON

"Finalement, nous sommes arrivés à proximité du pont suspendu de Fleurville; comme Stephen halait vivement l’Arar, suivant le virage sous le pont, ce n’était pas pour le bateau que je me sentais anxieux. Je désirais voir une certaine personne, et elle était là, lavant dans la rivière ! Vous pouvez vous demander pourquoi un si fort désir de rencontrer cette lavandière-là. La raison est qu’elle cuisine à merveille et que son mari tient un petit bistrot. Il est réellement extraordinaire de voir la façon dont on est servi dans quelques-uns de ces humbles établissements de la Saône : il faut le reconnaître. Nous avons fait un déjeuner de princes : un gros melon mûr, un plat de poissons extrêmement frais, du poulet sauté, d’excellents fromages et une abondance de poires, pêches, et raisins pour le dessert, le tout servi avec une élégance et une propreté irréprochables. Dans la pièce ou nous avons pris notre repas, la vue donne sur la Saône. Au cours d’un précédent voyage, ayant dîné ici, nous avions une vue parfaite sur le Mont Blanc durant tout le repas. Notre hôte ignorait totalement que le Mont Blanc était visible de sa fenêtre; il l’avait toujours pris pour un nuage."

Philip Gilbert Hammerton, Un voyage d’été sur la rivière Saône, 1887